Historique
La « lecture » des territoires doit se faire à plusieurs degrés, chacun ayant pu observer le caractère relatif de certaines frontières administratives.
En effet, si la carte administrative et politique est découpée en périmètres administratifs (lieux où le citoyen paie, vote, doit déclarer la naissance de son enfant) il faut reconnaître que les territoires vécus ou territoires réels existent objectivement. Les principaux critères utilisés pour en tracer les contours sont ceux de la vie quotidienne : l'emploi, les services, la formation, la clientèle, les déplacements... Ainsi, ces territoires sont désignés par d'autres mots : zones, aires, bassins, terroirs, pôles, axes, réseaux... Tous ces territoires sont relatifs, mouvants, variables, entrecroisés...
L'écart évident entre les territoires vécus et les découpages administratifs et politiques ont rendu nécessaire d'inscrire une nouvelle dimension territoriale en référence au projet : les territoires de projet.
Les Pays, les agglomérations, correspondent à cette nécessité de penser le niveau stratégique à la fois en fonction du territoire vécu et du territoire formalisé.
Qu'est-ce qu'un territoire de projet?
Un territoire de projet se définit comme « l'espace économique, social et physique sur lequel un projet de territoire s'élabore. Organisé, il est en capacité de contractualiser sur un projet global avec les autorités chargées de l'aménagement et du développement territorial ».
Ces territoires sont définis par une politique ou un contrat spécifique. En effet, de nouveaux échelons territoriaux sont apparus suite à la décentralisation et à la pratique de la contractualisation qui s'est généralisée dans le champ du développement territorial. On trouve des territoires issus de politiques nationales, européennes ou locales (pyrénéennes).
A la différence d'autres territoires administratifs, politiques ou économiques, leur originalité réside dans la notion de projet. Le territoire est alors déterminé par le réseau des acteurs qui sont capables de travailler ensemble à un projet global de développement ».
La participation de la société civile, et de manière générale des habitants, aux décisions qui les concernent, est ainsi primordiale dans une démarche de projet.
Pays, intercommunalités... des échelles d'action pertinentes
Pays et intercommunalités disposent de réels leviers pour instaurer de manière démocratique un équilibre entre économie, environnement et social à travers leurs projets de développement local, leur fonctionnement interne ou encore les partenariats avec l'ensemble des acteurs locaux. A ces territoires de projet, il faudrait ajouter d'autres espaces, comme les Parcs naturels régionaux, les Contrats urbains de cohésion sociale, ou encore les SCoT, en tant que lieu d'échanges, de rencontres, de concertation, de décision et parfois d'actions, qui intègrent une nécessaire coopération interterritoriale.
La révision de certains périmètres intercommunaux et la simplification des chaînes de décisions est nécessaire aujourd'hui pour l'efficacité de l'action publique, même si cette seule simplification ne suffira pas à l'améliorer. En effet, les échelles pertinentes d'action varient en fonction de la nature des projets mis en place. Aussi est-il fondamental de pouvoir dépasser les frontières administratives.
La construction d'un système d'animation du territoire partagé entre agents du Réseau Pyrénées, agents de l'Etat, agents consulaires, agents territoriaux (intercommunalité et pays) reste à faire. L'enjeu consiste aujourd'hui à clarifier les systèmes de compétences présents sur le massif. Il faut pour cela, après avoir identifié les acteurs en présence, s'attaquer aux formes et sources d'expertise en lien avec les missions de développement de chacun. Ceci pour pouvoir organiser la répartition de ces compétences afin d'améliorer la capacité d'innovation du territoire pyrénéen.
Sources : Les territoires de référence : http://www.chlorofil.fr/ ; Qu'est-ce qu'un territoire de projet : http://cpl.asso.fr/
